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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

A beau mentir qui vient de loin

Des nouvelles de François Garde

Des nouvelles de François Garde

Aujourd’hui je vais évoquer A beau mentir qui vient de loin, nouvelles et autres formes brèves de François Garde. Il est l’auteur de formidables romans comme Ce qu’il advint du sauvage blanc, Trois couronnes ou L’effroi.

Voici les premières lignes de la préface qui justifient le choix du titre : « A beau mentir qui vient de loin : ce proverbe m’a toujours fasciné. Il danse à mes oreilles et me murmure des histoires auxquelles j’ai envie de croire. Il m’attire, m’inquiète, et reste énigmatique. » En treize chapitres François Garde raconte des histoires imaginaires, vraies ou fausses mais toujours fascinantes. Dans cet opus l’écrivain célèbre la forme brève, peu de mots suffisent pour emporter le lecteur vers des ailleurs plus ou moins lointains dans le temps et l’espace. La géographie est une trame commune à plusieurs de ces textes. L’auteur reprend des thèmes qui se retrouvent sous différentes formes dans son épatante œuvre littéraire. Je ne peux pas résumer tous ces textes où la fiction côtoie les réflexions d’un romancier et les récits de voyage. Voici quelques mots sur certains des textes pour inciter à les découvrir et à butiner dans ces pages délicieuses. L’Europe en ruine est certainement l’une des plus émouvantes nouvelles du recueil. C’est l’histoire d’une photographie prise lors de la Libération en 1944 par un américain à Saint-Symphorien-sur-Méouldre : un gamin fils de paysan au bord d’une route avec un regard d’une infinie tristesse. Le cliché fait la une du Time et l’auteur raconte l’histoire du gamin devenu homme en parallèle du destin de cette photo et de ses conséquences. Le lecteur est fasciné. Avec Les caves de Castel-Ombreux c’est la découverte d’un vieux meuble dissimulé dans une maison qui suscite l’imagination. Dans les tiroirs des senteurs exotiques et ces listes de mots à la graphie merveilleuse qui font rêver avec l’évocation de lieux improbables. Ainsi : « bétel de Kuala Lumpur, cacao de Côte d’Ivoire, pâte de tamarin de Luang Prabang, clous de girofle des Moluques, cannelle de Ceylan, citronnelle de Java, encens d’Oman, gingembre du Sichuan, poivre noir de Kâmpôt, thé de Darjeeling », cette énumération est d’une lumineuse poésie. Le carnet noir de Kerguelen est l’indispensable complément au récit de voyage publié Marcher à Kerguelen. François Garde y explique sa volonté de vérité alors que ses descriptions auraient pu être falsifiées, personne ou presque ne pouvant vérifier. Il révèle d’autres aspects de ce voyage extrême que dans le récit officiel. Dans les différents textes son tropisme pour le Pacifique et le voyage est évident. Dans Considérations inexpertes sur l’art d’écrire il confie son propre parcours pour devenir romancier et insiste sur le nécessaire acharnement, le besoin de ne pas se décourager face aux refus des éditeurs lors de la présentation des premiers textes. La constitution des Auckland est une sorte de Robinson Crusoérevisité avec cinq naufragés qui pour survivre font société et mettent au point six règles leur permettant de vivre en bonne entente. Je considère François Garde comme un écrivain accompli, son œuvre protéiforme et multiple est toujours passionnante, A beau mentir qui vient de loin ne dément pas mon intérêt pour ses productions littéraires.

A beau mentir qui vient de loin est un recueil autour du voyage et du mensonge. L’auteur est un formidable conteur avec qui s’embarquer en toute confiance sur un bateau vers une île lointaine.

Voilà, je vous ai donc parlé d’A beau mentir qui vient de loin de François Garde paru aux éditions Gallimard.

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