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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Paris-Briançon

Le nouveau roman de Philippe Besson

Le nouveau roman de Philippe Besson

Aujourd’hui je vais évoquer Paris-Briançon le nouveau roman intimiste de Philippe Besson. C’est son vingt et unième bouquin, comme chaque début d’année depuis deux décennies il est fidèle à la rentrée littéraire. Ce nouvel opus choral est un huis-clos qui se déroule une nuit dans un train reliant la capitale aux Alpes.

C’est un soir d’avril, sur le quai de la gare d’Austerlitz une centaine de passagers se prépare à monter à bord. Le narrateur indique : « bientôt, le train s’élancera, pour un voyage de plus de onze heures. Il va traverser la nuit française. Pour le moment, les passagers montent à bord, joyeux, épuisés, préoccupés ou rien de tout cela. Parmi eux, certains seront morts au lever du jour. »Dès le prologue, avant de faire connaissance avec les protagonistes, le lecteur sait qu’à la fin certains seront décédés. Le suspens de ce roman qui n’est pas un polar porte sur la nature du drame et l’identité des victimes. Dernier détail factuel avant le début de l’intrigue : « le départ de l’Intercités de nuit n° 5789 est prévu à 20h52. Il dessert les gares de Valence, Crest, Die, Luc-en-Diois, Veynes, Gap, Chorges, Embrun, Mont-Dauphin-Guillestre, L’Argentière-les-Écrins et Briançon, son terminus, qu’il atteindra à 8h18. » Les voyageurs s’installent, ils disposent leurs affaires sur les couchettes, découvrent leurs voisins avec lesquels ils vont partager quelques heures. Paris-Briançon se focalise sur une dizaine d’entre eux, ces inconnus que le hasard amène à se rencontrer le temps d’une nuit pour effectuer ce long trajet à vitesse modérée à travers la France. Au fil des premiers chapitres le narrateur présente ces hommes et ces femmes anonymes et inconnus ; il révèle leur identité et des bribes de leurs vies. Puis progressivement les interactions entre eux se mettent en place et les premières conversations s’élaborent. Un groupe de cinq jeunes étudiants occupe un compartiment ce qui inquiète le couple de retraités (Jean-Louis et Catherine) installé dans le local contigu. Ils redoutent le bruit festif, l’homme est fatigué. Il ne faut pas s’arrêter aux préjugés et finalement ils vont faire quelques parties de belote ensemble et échanger sur la politique et la vie. Le mari est atteint d’un cancer, avec son épouse, ancienne vendeuse au BHV et représentante syndicale, ils partent se reposer dans un studio de montagne. Pas loin, une mère de famille, Julia, est avec ses deux enfants, ils partent chez les grands-parents ; son fils semble avoir un peu mal de façon diffuse. Alexis, un médecin discret qui est à proximité s’immisce dans la conversation, ausculte le gamin et rassure la mère. La femme dans le couloir affronte ensuite les assauts de Serge un VRP un peu lourdaud mais qui n’est pas méchant. Contrairement à son mari qui la frappait et qu’elle a fui, en attente du procès. Elle va dans sa famille pour que les enfants profitent des vacances. Alexis le médecin quadragénaire partage son compartiment avec Victor un jeune hockeyeur qui a un souci de ménisque, il a passé des examens à Paris et rentre chez lui. Il a raté son TGV et n’aurait pas dû être à bord de ce train de nuit. Sa fiancée l’attend à Briançon et il doit participer à l’entraiment du matin. Ce voyage va être pour le sportif une nuit de confession et de révélation. Il entame la conversation, demande à Alexis pourquoi il va à Briançon. Ce dernier explique qu’il doit solder un héritage et avoue que ses relations avec ses parents étaient compliquées et tendues. En toute simplicité il évoque son dernier amant. Victor et Alexis vont vivre quelques minutes avec peu de paroles et une extrême sensualité. Le train poursuit son trajet vers le sud, les passagers sont endormis, tout est calme, les rêveries se mêlent aux fantasmes. Et comme l’acmé de ce récit une collision vient tout bousculer, la réalité violente appert et force à la compassion.

Paris-Briançon est une jolie galerie de portraits, le lecteur s’attache à ces personnages ordinaires qui pour quelques heures partagent un huis-clos dans le train de la mort et font connaissance. Le drame final avec la description des secours et de leur intervention est assez émouvant, le lecteur est triste des disparitions de ces gens qu’il avait appris à connaitre.

Voilà, je vous ai donc parlé de Paris-Briançon de Philippe Besson paru aux éditions Julliard.

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