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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Les enfants de Cadillac

Un roman sur la transmission dans une famille juive

Un roman sur la transmission dans une famille juive

Aujourd’hui je vais évoquer Les enfants de Cadillac le premier roman intime et personnel de François Noudelmann.

A la lecture des Enfants de Cadillac le lecteur s’interroge sur la pertinence du qualificatif de roman. En effet, ce texte a tout d’un récit familial duquel toute fiction semble exclue. Cadillac est une petite ville de Gironde bien connue pour son hôpital psychiatrique. Le grand-père de l’auteur y a terminé sa vie après de longues années d’enfermement dans un dénuement absolu. Les enfants de Cadillac est composé de trois parties dédiées à trois hommes d’une même lignée, les Noudelmann. Cela commence avant la première guerre mondiale avec Chaïm le grand-père lituanien qui fuit son pays et débarque en France. Il est juif ; à l’époque les persécutions sont nombreuses là-bas et pour y échapper il choisit l’exil. Dès lors il aspire à devenir français, il veut être exemplaire et s’intègre dans cette terre d’accueil bienveillante. Pendant la grande guerre il s’engage et combat avec les Poilus. Atteint de surdité provoquée par des obus il va sombrer dans la folie. Il est interné en région parisienne d’abord puis sera déplacé à Cadillac jusqu’à sa mort. Ses liens avec sa famille s’étiolent, l’obtention de la nationalité espérée ne change rien au mal qui pendant plus de vingt ans le ronge et nécessite son enfermement dans le milieu psychiatrique clos et démuni. Il meurt pendant la guerre, les traces mémorielles et une tombe sommaire ne seront reconstituées que des décennies après les événements. Chaïm a un fils, Albert dont la vie bascule lors de la seconde guerre mondiale. François Noudelmann recompose ces années abominables à partir d’une unique très longue conversation tenue avec son père qui a toujours dissimulé son passé à son fils adoré et tu ce qu’il avait vécu. En 1940 il a été dénoncé comme juif (alors que sa judéité n’avait rien d’évident pour lui) et il a été conduit dans des camps de travail forcé. Pendant quatre ans, sur le front de l’est, il a réussi à échapper à ses bourreaux. Ses aventures sont rocambolesques, il s’évade, est repris, s’évade encore. Il traverse les années de guerre sans rien connaitre de l’extermination systématique mise en œuvre par les nazis. Revenu de Pologne Albert qui s’est fait appeler Philippe Garnier pour cacher son identité juive qui risquait de lui causer la mort retrouve son pays et doit réapprendre la vie et le bonheur. Son fils François n’a longtemps rien su de cette histoire. Il a grandi auprès de ce père affectueux, homme divorcé avec lequel dans son enfance il avait une grande complicité. Il raconte les codes établis entre eux pour communiquer l’évaluation de l’enfant sur les maitresses et amantes de son père. Albert se suicide et laisse François orphelin et plein de questions sur ses racines et ses origines familiales. La dernière partie des Enfants de Cadillac est une réflexion de l’auteur sur son parcours, son rapport à la judéité, ses liens familiaux, son départ de la France pour les Etats-Unis, sa propre transmission à ses enfants. En quelques pages émouvantes il s’interroge sur cette quête qui le conduit à la rédaction et la publication de ce texte qui embrasse un siècle de désordres et de menaces pour les juifs en Europe.

Les enfants de Cadillac est un roman émouvant, un récit sur la trajectoire de trois hommes de trois générations avec au centre la question de la transmission et de la judéité.

Voilà, je vous ai donc parlé des Enfants de Cadillac de François Noudelmann paru aux éditions Gallimard.

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