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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

L'homme des bois

Un joli roman de Pierric Bailly sur la mort du père

Un joli roman de Pierric Bailly sur la mort du père

Aujourd’hui je vais évoquer L'homme des bois roman autobiographique de Pierric Bailly en hommage à son père. Ce récit a sans doute une vertu cathartique et thérapeutique, l’écriture comme soulagement face au chagrin. Confronté à la mort inexpliquée de son père, le fils recompose la vie et le parcours de cet homme modeste et engagé. Il a récemment publié l’excellent Roman de Jim.

L'homme des bois c’est donc le père de l’auteur, homme bientôt retraité qui meurt seul dans une forêt du Jura. Pierric Bailly précise : « mon père a été déclaré mort en forêt suite à une chute accidentelle. » L’homme en question était en forme et connaissait bien les lieux, il avait passé sa vie dans la région : « il est mort juste au-dessus de l’ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Lons-le-Saulnier, sa ville natale, à Saint-Claude, où il a commencé à travailler en tant que tourneur sur bois, tout en faisant escale à Clairvaux-les Lacs, le fief familial. » Son fils est convoqué à la gendarmerie le dialogue manque d’empathie. La maréchaussée ne diligente pas d’enquête pourtant le narrateur précise : « je ne connais pas le jour exact de la mort. Je n’ai pas de certitude absolue quant au caractère accidentel de la chute. Je connais le point de départ et le point d’arrivée, je sais à peu près où il a dévalé, mais il me manque le ressort, la cause, l’explication, le dénouement. » Confronté à cette disparition soudaine l’écrivain se remémore son père et réactive des souvenirs de sa propre jeunesse, il retourne sur les lieux dans lesquels il a vécu et est passé. Il retrace l’itinéraire de son père et constate : « ce que je sais de l’enfance de mon père, c’est que le quartier était plein de familles nombreuses, que les femmes ne travaillaient pas, que ça grouillait de gamins ; aujourd’hui il n’y a plus que des vieux et le lotissement est sinistre. » L'homme des bois est à la fois sociable et taciturne, son fils écrit : « tous ceux qui l’ont fréquenté sur la durée se sont confrontés aux deux aspects de sa personnalité. Ils ont d’abord été séduits par son personnage, puis tétanisés, glacés par ses coups d’éclats. » Il a eu plusieurs carrières mais s’est accompli en travaillant dans le secteur social. Il s’est séparé de la mère de son fils tôt et ensuite a aimé quelques femmes sans jamais les garder. En revanche il accumulait et ne jetait rien, Pierric aura besoin de plusieurs semaines pour faire le tri, jeter et garder parmi les objets et les papiers accumulés. Il explique : « dans l’appartement de mon père, au contraire, ça déborde de boîtes, de classeurs, de cahiers, de dossiers, de pochettes, de sacoches, de valises, le tout plus ou moins bien archivé dans les placards et sur les étagères. Lui, il gardait tout. » Le fils ne dresse pas un tableau idyllique de son paternel, il est lucide sur ses défauts et ses qualités. Ainsi il dit : « la présence d’un chien l’irritait au plus haut point, le rendait littéralement fou, il pouvait vous gâcher un repas, un week-end, une semaine de vacances à cause d’un chien. » Il ajoute plus loin qu’il n’était : « pas un mec comme on l’imagine qui raconte des blagues et qui rigole fort. Il était doux et attentionné, je l’ai déjà dit. Cela plaisait aux femmes. » Son père était un gars bien, un homme attentionné et touchant qui aura peu connu ses petits-enfants.

L'homme des bois est un joli livre de deuil, le portrait d’un homme par son fils qui essaie de comprendre les mystères qui entourent sa disparition. Le Jura est le cadre de ce récit intimiste et juste.

Voilà, je vous ai donc parlé de L'homme des bois de Pierric Bailly paru aux éditions POL.

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