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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Les papillons

Un premier roman... d'amour

Un premier roman... d'amour

Aujourd’hui je vais évoquer Les papillons premier roman virevoltant de Barcella. Le titre évoque cette sensation douce et déchirante ressentie par les amoureux dans leurs viscères. Ce roman est une bluette, une histoire d’amour impossible et triste.

Alexandrin est le protagoniste et narrateur de cette histoire sentimentale poétique et onirique. Au début du roman il se sépare de son amoureuse Mylène et regrette de ne plus ressentir physiquement les manifestations de l’amour. Il dit affolé : « les papillons... les papillons... pardi ! Les papillons n’étaient plus là ! Mes précieux lépidoptères avaient quitté leur nid. Ils avaient déserté mon ventre. » Il est perturbé par cet amour enfui, il croit que sa vie n’a plus d’intérêt, l’amour en fait en effet le sel. Il ajoute précis pour se souvenir : « il était quinze heures trente ce dimanche 11 juillet, et j’avais vingt-sept ans, l’âge où les étoiles meurent. » En réalité Les papillons c’est l’histoire suivante, celle d’Alexandrin et de Marie Mariposa au nom prémonitoire. Il rencontre la jeune fille au café des Lilas après sa rupture et il est immédiatement éperdu, touché par la grâce de sa future dulcinée, la foudre lui tombe dessus. A cet instant il se dit : « il est fort à parier qu’une belle fleur comme celle-ci avait déjà trouvé soulier à son pied. Tout semblait si flou soudain. » Il va séduire Marie dont le prénom est l’anagramme d’aimer. Au début il profère un mensonge véniel mais très vite il se corrige : « je me sentais des ailes mais, les sachant fragiles, il fallait que je trouve les bons mots pour lui dire qu’à défaut d’étudier les papillons de l’île, je n’étais qu’un pâle rêveur, apprenti ébéniste. » Mais leur amour est contrarié par l’histoire familiale tourmentée de Marie dont le père veille sur elle malgré ses vingt-cinq ans comme sur la prunelle de ses yeux. Sa mère est morte depuis longtemps, elle a grandi auprès de son père Pierrot, un type un peu rugueux et brusque. Avec la complicité de Lola, l’amie de Marie, Alexandrin passe une nuit avec la princesse au cœur fragile, il la fait grimper sur les toits pour s’approcher du septième ciel. Ils se cachent tels les enfants des Capulet et des Montaigu. Une première fois Marie frôle la mort, elle est hospitalisée en cardiologie ; son père comprend qu’il doit lui laisser plus de liberté et accepter son amour passionnel pour Alexandrin. L’idylle est charmante, l’entente parfaite, les papillons sont de retour dans le ventre du garçon. Marie tombe enceinte, elle porte des triplés, trois filles. Cette perspective ravit et inquiète les parents mais le corps affaibli de la jeune femme ne supporte pas le fardeau, elle meurt en couches. Son amoureux s’exclame : « ni nos larmes ni nos cris ne ramèneraient Marie. Elle était retournée vers ces constellations qui l’avaient enfantée. Et, dans une ultime révérence, elle remerciait ce monde à l’âge de vingt-sept ans. » Alexandrin s’occupe de Victoire et de ses deux sœurs. Lorsqu’elles fêtent leur septième anniversaire elles découvrent une lettre de leur mère qu’elles n’ont jamais connue. Telle est l’histoire d’Alexandrin et de ses Papillons. Le lecteur est inondé de formules et de phrases imagées à l’instar des suivantes : « c’était juste une endive qui, pour se sentir fraise, s’inventait un reflet qui n’était pas le sien. (...). Je me sens orphelin d’un amour absolu. Je n’ai pas su aimer ces quinze dernières années, alors mes papillons eux se sont envolés. (...). Je sentis en mon ventre un papillon passer. Puis deux, puis dix... Tous suspendirent leur vol. (...). Mais si tu t’entêtes, mon pleureur, crois-moi, tu vas en chialer des rivières à t’en assécher l’cœur. »

Les papillons est un roman sentimental un peu mièvre et sirupeux. L’auteur affectionne les expressions et les métaphores, la répétition est lassante. L’histoire dramatique de cet amour est banale et manque d’incarnation, tout reste suggéré, la passion semble superficielle et l’absence de chair est évidente.

Voilà, je vous ai donc parlé des Papillons de Barcella paru aux éditions du Cherche-Midi.

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