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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique)

Un roman pédestre norvégien, ode à la marche

Un roman pédestre norvégien, ode à la marche

Aujourd’hui je vais évoquer Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique) du romancier norvégien Tomas Espedal.

Le protagoniste de Marcher comme l’auteur se prénomme Tomas. Il est écrivain et un jour sans réel préavis il décide de partir à pied et de découvrir ainsi le monde seul. Ses pérégrinations le conduisent d’abord au bout de sa rue puis il s’éloigne et franchit les frontières de la Norvège. Au fil des chapitres il arpente les chemins du Pays de Galle, de la France et en particulier Paris, de la Grèce et de la Turquie. Pour accompagner ses longues déambulations pédestres Tomas emporte des livres dont il fait son miel. Le roman est truffé de citations éclectiques. Le lecteur partage la prose de Rousseau, de Simone de Beauvoir, de Rimbaud ou d’Hölderlin. En évoquant ces illustres prédécesseurs l’auteur leur rend hommage et à travers des citations choisies il partage son goût littéraire. Marcher est l’occasion de réfléchir au sens de la vie, à l’intention au bout de ce projet sans borne. Ce voyage est une sorte d’introspection au fil des sentiers. L’auteur s’interroge et construit sa motivation entre plaisir physique et satisfaction personnelle. Comme l’indique la parenthèse du titre ce roman met l’accent sur le lien entre littérature (la poésie en particulier) et déplacement pédestre. C’est un éloge de la lenteur et d’un certain épicurisme. Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique) n’est pas un récit de voyage au sens classique du terme. Tomas Espedal n’est pas dans la description des paysages et de l’environnement traversé. Il note des fragments, évoque des gens rencontrés. Le lecteur pense à Sylvain Tesson, Bruce Chatwin, Théodore Monod, Bernard Ollivier et d’autres marcheurs célèbres. Tomas Espedal digresse, avance, s’écarte du chemin, revient sur sa route, poursuit son aventure seul ou avec un ami qui l’a appelé pour une grande traversée orientale au départ de Vienne. Marcher est un plaisir malgré les inéluctables désagréments physiques quand les kilomètres dans les jambes s’accumulent.

Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique) est une petite pépite délicieuse. C’est le récit contemplatif et serein des bonheurs que donne la sensation physique de la marche douce.

Voilà, je vous ai donc parlé de Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique de Tomas Espedal paru aux éditions Babel.

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