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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Une larme m'a sauvée

Dans le coma elle entend tout alors que les médecins la pensent quasi morte

Dans le coma elle entend tout alors que les médecins la pensent quasi morte

Aujourd’hui je vais évoquer Une larme m’a sauvée d’Angèle Lieby écrit avec Hervé de Chalendar. Ce récit est un témoignage sur un phénomène médical rare. Il ne s’agit pas d’une enquête journalistique ou scientifique mais de la narration par l’auteur de quelques mois de sa vie qui ont basculé à partir d’un trouble bénin.

Une larme m’a sauvée débute le 13 juillet 2009, Angèle Lieby précise : « à cinquante-sept ans, sans fausse modestie, j’ai l’impression d’être plus jeune que beaucoup d’autres femmes de mon âge. (...). Tout va bien, vraiment. Je le reconnais volontiers : je suis heureuse. La vie est belle, et ce n’est pas le fait d’aller travailler à 6 heures du matin une veille de 14 juillet qui va me faire penser le contraire ! » Pourtant dans la matinée elle abandonne son poste et rentre chez elle tenaillée par une terrible migraine. Ray son mari face à la douleur persistante décide de la conduire aux urgences de l’hôpital de Strasbourg. Les médecins ont du mal à diagnostiquer le mal mais décident de la plonger dans un coma thérapeutique. Le corps de la patiente réagit étrangement, une paralysie générale s’empare d’elle. Le verdict sera posé ultérieurement : syndrome de Bisckerstaff, relatif à une affection réversible de la myéline. Le récit est fait du point de vue de la malade qui rapporte ce qu’elle entend alors que les médecins et la famille la croient perdue victime d’un mal incurable. Le mari est invité à choisir un cercueil pour celle qui va bientôt mourir. Angèle Lieby entend ces discussions à son propos mais elle est incapable de réagir, de s’exprimer ou de bouger. Elle dit : « j’avais compris que l’on me croyait inconsciente ; je comprends désormais que l’on me croit morte. » Comme le titre l’indique c’est une larme qui coule au coin d’un œil synonyme de vie qui permettra de croire en une possible rémission et de poursuivre les traitements. Le récit clinique daté rapporte les évolutions très lentes de son retour vers la conscience. Parmi les choses à réapprendre après la longue période de coma : la respiration autonome, l’alimentation, la marche. Avec lucidité elle précise : « chaque chose en son temps : quand on lutte pour respirer, on ne se préoccupe pas de marcher. » Chaque étape atteinte est une victoire et un surpassement. Sa volonté est incroyable et sa capacité de récupération est assez rapide. Une larme m’a sauvée est un témoignage dérangeant sur le corps médical, ses certitudes et ses pratiques. Certes elle se remémore les aides-soignantes et les infirmières chaleureuses et humaines mais elle dénonce les médecins qui refusent de reconnaitre leurs erreurs (par exemple avec l’épisode du respirateur défaillant). Pour dialoguer avec sa femme Ray est inventif, Angèle indique : « je dois lutter contre la tentation de l’oubli. C’est trop fort ce qui m’arrive ! Si incroyable, si peu normal. Cette histoire devra être consignée quelque part. elle sort tant de l’ordinaire qu’on pourra douter de sa réalité si elle n’est pas imprimée noir sur blanc. » Encore valétudinaire elle décide d’écrire son histoire. Parmi les questions récurrentes qu’elle se pose suite à son expérience elle retient celles-ci : « pourquoi suis-je maltraitée dans un hôpital ? Par quelle absurdité ? Quelle est la logique qui me conduit à souffrir autant dans un lieu dédié aux soins ? Depuis que je suis sortie de la paralysie totale, j’ai encore vécu des moments très difficiles. » Après plusieurs mois à l’hôpital, toujours soutenue par son mari et sa fille, Angèle Lieby est transférée dans un centre de convalescence : « j’arrive ici le 24 novembre. Ce changement de lieu est la validation de mon changement d’état. Je suis encore grandement handicapée, mais je vais beaucoup mieux, personne ne peut le nier, et surtout pas moi. » Encore quelques mois et elle part en voyage en Égypte et retourne sur les chemins alpestres. En conclusion elle indique : « jusqu’à cette maladie, je n’avais jamais pensé à la mort. Elle m’a frôlée, elle est venue me narguer et j’ai découvert que le temps était compté. Que tout pouvait basculer d’une minute à l’autre. (...). Mon cas révèle une leçon essentielle : une personne peut être pleinement consciente tout en donnant l’apparence d’un coma dépassé. »

Une larme m’a sauvée est un témoignage intéressant, un exemple de la nécessité de questionner les certitudes médicales et scientifiques. Le parcours de cette quinquagénaire est assez formidable et son retour à la vie et à la pratique de sa passion de la randonnée est impressionnant.

Voilà, je vous ai donc parlé d’Une larme m’a sauvée d’Angèle Lieby paru aux éditions Les Arènes.

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