Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Le dernier enfant

Le nouveau roman de Philippe Besson

Le nouveau roman de Philippe Besson

Aujourd’hui je vais évoquer Le dernier enfant le nouveau roman sensible de Philippe Besson. Après trois textes de veine autobiographique il revient à une histoire fictionnelle autour du personnage d’Anne-Marie. Il raconte un jour particulier, celui du déménagement de son dernier fils, ce qui permet de condenser les souvenirs d’une vie.

Les deux cents pages du Dernier enfant sont la narration d’un dimanche ordinaire quelque part en province. La journée est découpée en neuf brefs chapitres. C’est Anne-Marie la mère de famille qui est le personnage central de cette histoire. Ce matin-là, pas trop tôt pour ne pas bousculer le fils, c’est le départ de Théo son petit dernier qui va s’installer en ville dans un studio pour suivre ses études après l’obtention du baccalauréat. Anne-Marie est mariée à Patrick depuis une trentaine d’années, ils ont eu trois enfants : Laura, Julien et Théo. En prologue au roman, le narrateur précise que quelques jours auparavant : « il avait bien essayé de négocier. (…). Mais ses parents n’avaient pas cédé : hors de question de lui confier un volant, c’était trop tôt, d’accord il l’avait obtenu, son permis, mais quelques semaines plus tôt seulement, son père n’avait pas confiance, et puis c’était le Kangoo du magasin ; imagines si tu l’emboutis. (…). Théo avait obtempéré. Pas tellement le choix. Sa mère avait poussé un soupir de soulagement. » Pour les parents l’émancipation de Théo est synonyme d’un profond bouleversement. Ils vont se retrouver seuls dans la grande maison, ce qui ne leur est jamais arrivé malgré les étapes précédentes avec le départ des ainés. Lors de l’été, Théo a cédé et est parti en vacances en camping avec ses parents, sans doute une ultime fois. Le jeune homme les aime, mais il aspire à partir du domicile parental où il étouffe un peu, il veut goûter à la liberté de la jeunesse. Pour Anne-Marie c’est un moment difficile, Théo lui échappe, elle ne le verra plus chaque jour, ne le tiendra plus dans ses bras, ne contrôlera pas sa vie et ses fréquentations. Ils chargent les cartons dans le Kangoo du Leclerc où Patrick est chef de rayon et Anne-Marie caissière. La mère est effondrée par ce départ ; le père est un taiseux qui est également affecté, même s’il cache ses émotions et ne dit pas ses sentiments. Laura vit à Madrid et Julien est marié et est parti depuis plusieurs années. Théo reste donc Le dernier enfant celui dont il semble insupportable qu’il s’échappe aussi. En voyant Théo s’affairer dans le nouvel appartement sa mère remarque sa cicatrice dans le dos qui lui rappelle l’accident de vélo lors duquel son enfant avait été grièvement blessé. Cet événement, comme d’autres, a contribué à tisser un lien d’attachement très fort et explique le malaise d’Anne-Marie face à la situation de séparation qu’elle vit. Une fois les cartons déposés dans le studio et les meubles installés, ils vont tous les trois manger au restaurant. Les parents veulent prolonger leur présence auprès de leur fils, qui accepte sentant l’état fébrile de ses parents. Il ne sera pas loin, il pourra rentrer à la maison, sa mère espère le revoir tous les week-end. Finalement Patrick et Anne-Marie reprennent la route, ils parlent peu, mais une tension et une souffrance est palpable, l’atmosphère dans la voiture est lourde. Une fois arrivés chez eux, la mère appelle en vain Laura, mais elle discute un peu avec Julien qui lui explique que le départ de Théo est normal et était attendu. Patrick s’occupe et bricole dans le jardin, Anne-Marie va boire le café chez Françoise une voisine dont le fils Anthony est parti de la maison récemment. Les deux femmes discutent, ce sont des mères elles se comprennent. Le milieu social des personnages est simple, mais il n’y a aucune condescendance de la part de Philippe Besson, au contraire son écriture est empathique. Avec son roman il propose la scansion de ce dimanche particulier, le dernier jour de Théo auprès de ses parents.

Le dernier enfant est un roman de l’intime, ce n’est pas le meilleur de Philippe Besson. Il dépeint avec talent les sentiments, la douleur de la séparation avec le dernier enfant, la difficulté masculine à dire les émotions et à affirmer son amour. C’est un portrait touchant d’une mère dévouée et aimante qui voit partir sa progéniture du toit familial. Le roman manque probablement d’intrigue et d’action mais sa lecture est agréable.

Voilà, je vous ai donc parlé du Dernier enfant de Philippe Besson paru aux éditions Julliard.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article