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Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Lautrec

Une évocation tendre et réaliste de Lautrec

Une évocation tendre et réaliste de Lautrec

Aujourd’hui je vais évoquer Lautrec de Mathieu Mégevand. Ce roman évoque la vie du peintre gouailleur et bon vivant, qui, sur la butte Montmartre, trouve l’inspiration pour ses toiles et ses affiches réalistes.

Le roman débute par l’évocation d’un acte chirurgical réalisé en public à Paris durant l’été 1891 sous la direction de Péan. Parmi la foule des curieux se trouve : « un homme qui se presse au plus près du corps découpé, l’œil luisant de gourmandise, (il) ne mesure pas plus d’un mètre cinquante. (…). Il a des sourcils drus, des yeux globuleux surmontés de lorgnons, un nez vaste, épaté, des narines encombrées de poils, la lèvre supérieure épaisse et humide, la lèvre inférieure gonflée, une moustache et un collier de barbe épars. Son corps est rabougri, râblé, ses jambes semblent avoir été découpées de moitié, il s’appuie sur une canne en merisier raccourcie à sa taille. » Le portrait de ce nabot continue sur plusieurs lignes. Il s’agit d’Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa. Son patronyme fait référence à l’aristocratie provinciale albigeoise dont il est issu. Sa difformité physique, sa disgrâce esthétique font partie de sa personnalité. Le jeune homme écarte les particules et les prénoms composés et se fait connaitre sous le simple nom de Lautrec. L’ouvrage de Mathieu Mégevand n’est pas une biographie exhaustive du peintre mais l’esquisse de fragments signifiants, la composition romanesque de la vie exaltée du peintre visionnaire et alcoolique. Au fil des années sa peinture s’affirme, son style se particularise, il devient reconnaissable parmi ses acolytes du quartier. Edgar Degas est pour lui la quintessence de la peinture, c’est un maitre dont il suit les enseignements. Les débuts de l’artiste sont laborieux, avant de connaitre le succès et l’estime du public il doit affronter les critiques. Il a l’avantage de ne pas avoir de soucis financiers, sa famille reste en soutien. Sa mère adorée même à distance veille sur lui tandis que son cousin Gabriel qui vit également dans la capitale lui rend régulièrement visite. Lautrec rencontre Vincent Van Gogh, les artistes en herbe nouent une amitié et débutent ensemble dans l’atelier d’études. Lautrec malgré sa hideur est un séducteur, il aime les femmes et les peint dans un style très personnel. Il vit dans le quartier de Montmartre, il fréquente les établissements comme le Moulin Rouge, est un pilier des bars et des cabarets locaux. Il rencontre des directeurs influents qui sont séduits par sa peinture et ses affiches et lui mettent le pied à l’étrier. Parmi ses sujets récurrents se trouvent des personnages publics, fameux à l’époque : La Goulue (avec son partenaire Valentin le désossé), Bruant, Yvette Guilbert et Jane Avril. Avril est la passion de sa vie même si leur amour a avorté. Après leur séparation : « le peintre voyait Jane Avril partout : dans la silhouette oblongue d’une danseuse, dans le visage diaphane d’une lavandière, dans le regard lointain d’une prostituée. L’alcool lui-même n’y suffisait plus : au coin d’une rue, assise en terrasse, à l’arrière d’un fiacre ; son souvenir hantait ses yeux et le monde. » Lautrec est un noceur, un baiseur et un buveur. Son alcoolisme le met parfois dans des situations difficiles. Il est syphilitique et son mal le ronge, accentue sa déformation physique congénitale. Il noie sa souffrance dans les verres de rhum et de vin. Il vit temporairement au milieu d’une joyeuse troupe de prostituées, s’installe dans leur maison ; il déambule au milieu de ces femmes impudiques et les peint avec une réelle tendresse. Sa vie sentimentale est un naufrage, malgré son succès comme peintre il s’autodétruit et se noie dans les effluves de l’alcool. Sa maladie s’aggrave, sa mère, inquiète, vient à Paris ; elle tente de l’aider et de soulager ses douleurs. Il meurt seul à l’âge de trente-six ans.

Lautrec est un joli roman pictural qui dépeint parfaitement la vie du protagoniste et ses fréquentations interlopes. Le milieu artistique de Montmartre du début du vingtième siècle est croqué avec délicatesse et précision. C’est une plongée dans une époque révolue où l’artiste est partie prenante de la société.

Voilà, je vous ai donc parlé de Lautrec de Mathieu Mégevand paru aux éditions Flammarion.

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