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Culture tout azimut

Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Danser

Plongée dans l'univers exigeant des petits rats de l'opéra

Plongée dans l'univers exigeant des petits rats de l'opéra

Aujourd’hui je vais vous parler du roman d’Astrid Eliard intitulé Danser. C’est le premier livre d’elle que je lis. Je précise qu’elle est également journaliste et a été dans sa jeunesse une élève danseuse. Le roman est relativement bref, moins de 200 pages et se lit rapidement. C’est une narration à trois voix, celles des trois protagonistes que le lecteur suit pendant une année scolaire. Ils sont adolescents, ont treize ou quatorze ans. Ce sont leurs débuts à l’école de danse de l’opéra de Paris sise à Nanterre. Trois petits rats dont la danse classique est la passion, la raison de vivre. Leur désir comme l’indique c’est de danser, bien sûr leur ambition secrète c’est d’accéder au graal, au titre suprême, celui de danseur étoile. Pour cela il faudra du travail, du courage, de la souffrance et de l’abnégation. Peut-on tout sacrifier à une passion dévorante ? Quel investissement personnel doit-on accepter pour atteindre son désir le plus cher ? Ce sont quelques unes des questions qui sont traitées en filigrane dans ce joli roman d’apprentissage. C’est le temps de l’adolescence, avec ses joies et ses peines, ses douleurs et ses rivalités.

Je ne dirai rien de la fin du roman, le lecteur devra aller au bout des derniers chapitres pour savoir si les protagonistes parviendront à rester à l’école, à sculpter leur corps, s’ils résisteront aux pressions du milieu. Et s’ils auront une chance d’exaucer leur rêve. Mais venons en à nos jeunes danseurs, qui tour à tour prennent la parole pour se raconter, se confier. Tous les trois passent leur semaine ensemble à l’école où ils sont internes.

Il y a Chine, timide jeune fille, renfermée qui vient de Mulhouse. C’est une enfant unique dont la mère célibataire ne sait pas bien s’occuper. Pour elle, la solitude est normale, sa relation avec sa mère est peu affective, cette dernière semble plus préoccupée par ses amants que par la vie de sa fille et ses désirs de danse. Chine est secrètement attirée par Camille qui semble pour sa part indifférent. Il faut dire qu’excepté Delphine avec qui elle partage son box elle ne noue pas beaucoup de contacts ni de liens avec ses congénères. La danse est son moyen de s’exprimer, de se dire. Elle a la technique, c’est une bosseuse. Son corps, s’il résiste, lui permettra de réussir.

Delphine est également fille unique et provinciale, elle vient de Montpellier où chaque week-end elle retourne dans le doux cocon familial et amical. Mais peu à peu elle s’éloigne de ses copines d’enfance, elle ne partage pas les mêmes priorités que les autres adolescentes. Delphine a du mal à se séparer de ses parents, elle sait que pour elle ils font de gros sacrifices, mais le soir parfois elle pleure dans sa chambre, souvent elle va à l’infirmerie pour soigner ses maux de ventre. Lors d’un séjour de ses parents à Paris elle invite Chine à l’accompagner. Les deux jeunes filles s’attachent dans ces débuts chaotiques de la scolarité. La mère de Delphine est protectrice et très inquiète, elle redoute le manque d’appétit de sa fille, elle a vu des reportages sur les dangers de l’anorexie qui guette certaines danseuses. Elle lui en parle et s’intéresse à sa vie.

Le dernier personnage est un garçon : Stéphane. C’est le plus jeune des cinq garçons de la famille. Le petit dernier, celui qui n’était pas attendu. Turbulent, hyper actif, bagarreur il donne du souci à ses parents pendant son enfance et semble être le vilain petit canard de la fratrie. La révélation pour lui est le visionnage d’une vidéo de Nicolas Le Riche, merveilleux danseur étoile aux sauts prodigieux. Dès lors, Stéphane sait qu’il veut danser, il a enfin trouvé un chemin à suivre aussi difficile et rigoureux soit-il. Il habite en région parisienne, pas loin de Nanterre, pourtant il insiste auprès de ses parents pour intégrer l’internat et être ainsi pleinement un petit rat au milieu de ses concurrents. Il ne se trouve pas terrible physiquement, il s’intéresse peu à la sexualité adolescente qui l’assaille, mais il est moins dépravé que ses frères que ses parents croient sages. Sa motivation à réussir est très impressionnante.

Le roman c’est l’alternance du récit de ces trois adolescents qui se croisent et se découvrent tout en apprenant leur futur métier et en travaillant dur chaque jour. C’est touchant et sensible. Cela rend avec sincérité les affres de l’adolescence, les doutes et les bonheurs. En tant qu’amateur de danse j’ai été intéressé, même si je regrette que le roman soit à mon sens un peu superficiel et manque de profondeur. L’écriture est un peu facile, par exemple avec l’emploi caricatural du langage des jeunes. Cependant, c’est un agréable moment qui révèle un peu des coulisses du milieu de la danse et de la compétition entre les aspirants étoiles.

Voilà, je vous ai donc parlé aujourd’hui de Danser d’Astrid Eliard paru au Mercure de France.

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