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Culture tout azimut

Culture tout azimut

Ce blog Culture tout azimut vous propose des articles sur des livres récemment lus. Les lecteurs sont invités à partager leurs points de vue.

Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne

Le nouveau roman de Jean-Claude Lalumière

Le nouveau roman de Jean-Claude Lalumière

Aujourd’hui ma chronique est consacrée au nouveau roman de Jean-Claude Lalumière intitulé Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne. Tout comme pour ses romans précédents (La campagne de France, Le front russe et Comme un karatéka belge qui fait du cinéma) ce qui frappe d’emblée, outre la couverture colorée et exotique, c’est le titre. Il a indéniablement un vrai talent pour trouver des formules accrocheuses que l’on retient (on pense aussi à Romain Puertolas et L'Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea). Bien entendu le titre n’est que l’emballage, il faut aller voir au cœur de l’ouvrage.

Ici, en 200 pages, le lecteur fait connaissance avec Benjamin Lechevalier qui a 36 ans et va enfin quitter l’ile d’Oléron et sa mère pour s’émanciper, trouver un travail et découvrir le monde. Il répond pour cela à une annonce pour un poste de chargé de la promotion de la Cité de l’air du temps basé à Paris. Cette cité est une institution qui doit mettre en valeur et de développer le tourisme dans la capitale française. Notre protagoniste provincial est sans concurrence lors de la sélection en vue du recrutement, il est donc embauché sans difficulté et migre à Paris. Benjamin est satisfait de quitter le giron familial et maternel. Certes, il sera privé de la tarte aux pêches de sa maman, mais, à force d’en manger si souvent, il en était rassasié. Il ne coupe cependant pas totalement les ponts et reste attaché à ses origines. Il garde le contact avec sa mère et lui envoie avec régularité des cartes postales de ses escales. Il imagine que cela fera un sujet de discussion lorsque ses frères et sœurs la verront.

Les déplacements professionnels ne sont pas vraiment à la hauteur de ce que Benjamin avait fantasmé en lisant le descriptif du poste. Il va surtout arpenter des sous-préfectures sans réel attrait pour des salons sans intérêt. Il passe beaucoup de temps sur les routes départementales et dort dans des hôtels sans charme. Son collègue et supérieur, Petitclerq, se réserve les meilleures missions. Cependant, Benjamin finit par sortir de l’hexagone : direction Londres. Point de tourisme sur place pour lui, juste un peu de bus pour se déplacer de la gare au lieu d’exposition. Le premier long courrier est à destination du Japon, Benjamin n’est pas à l’aise en avion, il dissimule sa peur. Pourtant il se dit que : « voyager c’est sortir du cadre habituel, rechercher la surprise. La quête de tout voyageur est de partir vers l’inconnu et de se laisser surprendre. Là est la différence avec le touriste qui, lui, veut voir ce pour quoi il est venu. Retrouver toujours, à quelques exceptions près, les mêmes compagnons de route, (me) semble rendre la situation plus pénible encore. » Il n’osera avouer son appréhension des voyages dans les airs que lorsque sa hiérarchie envisagera de l’envoyer à Rio ; il déclinera alors la proposition et Pelletier, nouvel arrivant dans l’équipe, se tiendra prêt pour la mission mais ne sera pas retenu à son grand désespoir. Quant à Benjamin, c’est lors de son second séjour au Japon qu’il pourra enfin concrétiser son aventure avec Clara Stiech. Il l’a rencontrée à Londres, recroisée dans des congrès, mais un trajet trop arrosé en train de nuit de Madrid à Paris, a suscité un quiproquo que le lecteur découvrira, avec le sachet de vomi dissimulé dans le compartiment.

Ce roman est drôle sans être désopilant. En voici deux exemples avec de brefs extraits : « Quelques jours plus tard, Petitclerq se présente chez moi avec Le Iench. A peine entrent-ils dans l’appartement que Pouf se hérisse de tout son poil. Du cumulonimbus au stratocumulus. L’orage monte. Je crains de devoir annoncer à Petitclerq qu’il ne me sera pas possible de garder son chien mais dès que Le Iench vient renifler mon chat, ce dernier comprend qu’il n’y a rien à craindre et réduit son volume de moitié. » Ailleurs on peut lire : « Elle m’embrasse. Sa bouche est douce, sucrée, m’évoque la tarte aux pêches de ma mère. Je m’abstiens de le lui dire. Ma mère est à Oléron, à dix mille kilomètres de Tokyo, et elle est très bien là-bas. Nous restons là les yeux dans les yeux. Le monde autour de nous n’existe plus. Il peut bien s’effondrer à présent. Qu’importe. » Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais on passe un agréable moment rafraichissant. Les personnages, provinciaux par nature, sont sincères et attachants même si leur adaptation au monde moderne contemporain semble partielle.

Voilà, je vous ai parlé de Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne de Jean-Claude Lalumière paru aux éditions Arthaud.

Un titre phare des années 80

Le héros est originaire d'Oléron

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Clément G 30/09/2016 10:14

Livre acheté sur à cette chronique. A lire ce week-end